TAM TAM DANS LA NUIT - SOPHIE DANCHAUD


Toni Demuro






Onze novembre
retranchée au coin du feu
seul le vent bataille


*

Le long de la route
un deux puis trois poteaux
piqués de buses


*

Bientôt Noël
les bouquets de guis friment
dans les arbres nus


*

Ouessant
tes entrailles respirent
du souffle des embruns


*

Pendant mon sommeil
le ciel s'est envolé -
brume du matin


*

Contre le lampion
le papillon bat des ailes
tam-tam dans la nuit


*

La terre transpire
sous le soleil au zénith
ne tremble que l'air


*

Un nuage
dans l'océan des étoiles
une île filante


*


Un voile de buée
sur la croupe du ciel
le souffle des chevaux


*



Les sauts d'un crapaud
rythment mes coups d'œil
tantôt vers le ciel


*



Enfoncer le regard
au plus profond de la nuit
vertige


*



Le moindre souffle
dans le tremble
bruit de pluie


*

Les mains dans les poches
retrouver un peu de sable
- l'or d'un château


*

Au bout de mon nez
citronnelle et moustiques
se disputent la nuit


*

Dormir dehors
et rêver en trois D
berceuse du vent


*


Sous les étoiles
une rose
tombent les pétales


*



La queue d'une étoile
balaye la nuit
frisson


*



Deux étoiles s'approchent
en se dandinant
la queue du chat


*



Les pupilles du chat
plus noires qu'une nuit
sans étoile


*

L'araignée du plafond
me piquera-t-elle
le fils de mes idées


*

Des beuglements montent
dans le ciel incertain
la corne de brume


*


Le vent emporte
par rafale
le bruit des cloches


*

Le taureau s'ennuie
ou est-ce les petits veaux
qui pleurent les vaches


*

tremble et cloches
s'amusent dans le vent -
je rentre du bois


*

Dépression d'août
le vent de plus en plus gris
la fin des vacances


*

Un coup de chiffon
sur la poussière du piano
et son silence ...


*

Au chevet du lit
du cousin à la punaise
réunion de famille


*

Tous les jours
croquer la dernière fraise
- bientôt l'automne !


*

Autant de moustiques
que d'étoiles dans la nuit
sur le plafond


*

Entre chat et chien
je glisse ma solitude
peuplée de puces


*

Sur ses mains ridées
quelques taches de rousseur
la mienne tremblante
sur son visage s'attarde
le souffle d'un baiser


*

Matin dans la brume
ne voir que le bout de son nez
imaginer le reste


*

À perte de vue
la brume au-delà du fossé
l'invisible





SOPHIE DANCHAUD 


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