SOIR D'ÉTÉ - PATRICK SOMPROU

Tsuchya koïtsu - Yanagbashi-Sale





vivre après Auschwitz-
l'entêtante odeur
du mimosa



*



femme à la burqa -
vif derrière le treillis
l’oiseau du regard



*



Pause bavarde
entre deux salves
de caresses



*



Éclats de rire -
Poutine et le Pape
sont « Charlie »



*


lendemain de colère-
mon voisin fait tout tailler
dans son jardin



*



nuit agitée-
cauchemar de guerre
rien que des morts



*



Après la marche
reprendre le dialogue
avec la lune



*



septième jour de l'an -
rafale de kalachnikov
une page est tournée...



*



Journée d’hiver
engourdie de poésie
-l’esprit exalté



*



Avec le temps
Les tuiles devenues poreuses
-la larme facile



*



Noël- s'il vous plaît
"écris-moi un haïku"
me répète l' enfant



*



Le sdf
penché dans la poubelle
la lune si maigre !



*



Première gelée-
sur la table du jardin
duvet de glace



*



Pont des arts
le musicien fait le « bœuf »
avec le vent



*



Chemin de hallage –
juste au loin un pivert
qui picore l’espace



*



Couleurs d’automne
blottie au milieu du livre
-feuille momifiée



*



Début novembre-
retrouver les pulls en laine
ajourés par les mites



*



Anniversaire-
un peu de sable a coulé
dans le sablier.....







restés prés du lit
ils ne réchaufferont plus
ses pieds les chaussons



*



bruit de tondeuse-
le vent m’apporte les parfums
de l’herbe coupée



*



Émergeant de la sieste
l’ombre de l’arbre
a changé de coté



*



Fosse commune-
dans un coin du cimetière
pots de fleurs fanées



*



À nouveau la Toussaint
a nouveau le chrysanthème
a nouveau la mort



*



Vieux robinet -
toute la nuit toc toc toc
dit la goutte



*



Vieux garçon-
dans son regard imprimés
des regrets



*



Montagnes de brumes
J’y dépose mes rêves
-offrande à l’éphémère



*



Livre d’occasion-
sur le marque page oublié
un haïku



*



Ami disparu-
encore présente sa voix
sur son répondeur



*



Par poignées ses souvenirs
dispersés par le vent
-automne précoce



*



Ciel lumineux-
des cheminées d’usine
s’échappent des nuages



*



Marelle -L’enfant
trop pressé d’aller au ciel
les genoux en sang



*



maison ancienne-
dans ma paume la douceur
du bouton de porte



*



soir d’été -
plus qu’un à déboutonner
et la robe tombe …



*



banc de l’hospice-
une vielle jeune fille
refait ses tresses



*



bibliothèque
caché derrière Rousseau
le marquis de Sade



*



Fukushima
il ne peut regarder les
vagues sans pleurer



*


bassin du Luxembourg-
ma jeunesse
y navigue toujours






Patrick Somprou



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