FRED SOETE - UN MILLION DE CHAMPIGNONS

Yu Chengyou





chahut de leurs pas
dans les feuilles du chemin –
elles rient comme des gamines


*


pied à pied
l’érable et la paroi de schiste
couverts de mousse


*


feuille à feuille
le chemin jaunit –
chant du ruisseau


*


au sous-bois tranquille
un million de champignons
mais aucun haïku !


*


une aubette
dans la forêt –
le tram passait…


*


une aubette
dans la forêt –
le soir s’approche


*


avant le sommet
ils titubent un peu
ses vieux pas


*


regarder les vaches
qui me regardent tendrement –
soir d’automne


*


des formes sombres
dans la fin du jour –
deux clochers se répondent


*


des herbes folles
dans les abreuvoirs en pierre –
la lune vient et s’en va


*


au pied du pommier
la plus belle pomme se paie
d’une piqure d’ortie


*


la terre toute nue
avant l’hiver –
quelques maïs oubliés


*


Xpress Delivery -
tête contre la vitre
le chauffeur dort


*


ma lunette à peine sortie
voilée de brume
la lune rousse


*


la masse du saule
dans un brouillard de pleine lune
le chien n'aboie pas


*


sur la route en pavé
la lune noire
au chant du coq


*


premier pas dehors – 
d’une coquille d’escargot qui se brise
le bruit


*


poussé par le vent
mes pas dans le sol mou
de la dernière pluie


*


je rentre
avec quelques coulemelles
et un ciel flamboyant


*



après l’averse
les étoiles et les vers
luisent


*


éviter la lumière 
pour mieux voir. 
la nuit 


*


brame du cerf 
toutes les étoiles 
bientôt voilées


*


le grand tilleul
énonce le vent –
vue lointaine



*


à l’horizon
nuages en fines couches
vers la paix du corps


*


vide bien vide
entre l’étoile
et l’œil


*

   
absorbé dans mes pensées
les plantes du fossé
défilent défilent


*


la pluie goutine
dans la forêt moussue -
solitude


*


les oiseaux
chantillonnent
des chants de pluie


*


champignons
de toutes les couleurs
je me sens moins seul


*


à chaque pas
un nouveau jardin japonais -
la bruyère fleurit


*


mon parapluie
que je n’ai pas ouvert –
l’automne s’approche


*


après la forêt
le ciel
semble plus vaste


*


couchée
sur le bord du chemin creux
la lumière de fin d’été


*


capuchons et bottes
de toutes les couleurs -
rentrée des classes


*


ciel plombé –
la tour de refroidissement
en remet une couche


*


deux pins côte à côte
se partagent le ciel
et la Terre


*


dernier jour d’août -
petits potins des hirondelles
sur le fil


*



jailli du métro 
un flot humain s’avance -
l'été s'éloigne




Fred Soete

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