JAMAIS SEUL - CHRISTIAN COSBERG


Pascal Campion






toute la journée
à traîner dans la ville
ivre de lumière


*

caché
dans les fourrés
un petit moment de bonheur


*


nuit froide
ces flashs bleus
aux fenêtres des immeubles


*


nos paroles
autour d’un café
et d’un brin de lilas


*


trou blanc
troublant l’azur
le cerisier en fleurs


*


un peu de soleil
même au cœur
des soucis…


*


incognito
mon ombre se carapate
dans l’obscurité des ruelles


*


le doux balancement
des jeunes feuilles
dans le vent


*

meeting aérien
les loopings
de deux citrons


*


elle renaîtra 

du cœur des larmes
Notre-Dame


*


haïku

chaque jour
nous redécouvrons la lune


*


il se dit

tant de bêtises
juste le chant du pinson


*


enfin star

une foule de pâquerettes
à mes pieds


*


alchimie

pour une nuit en or
un sommeil de plomb


*


sorti du papier d’emballage

le cadeau d’un feu 
de broussaille


*


pleine lune

ma nuit en miettes
de ton blanc


*


nuit blanche
la carotte bleue
du petit matin


*


petit matin

les rejetons de brume
d'une nuit d'orage


*


ces gens qui discutent 

le prix de la corde
pour se pendre


*


méfiez-vous

souvent les passeurs
sont complètement barges…


*


soleil touchant
je ne cherche plus 
à comprendre


*


ce petit garçon

que sa mère recoiffe
soudain l'entêtant parfum de l'enfance


*


une photo de moi
dans son vide-poche
~ Ex-fan des sixties


*


matin d’avril

au cœur du vent 
la nostalgie de l’hiver


*


l'arrondi d'une épaule

parler d'elle c'est toujours
parler de soie...


*


premier mai
le ciel en bleu
de chauffe


*


une heure

fleurie de cistes
de mauves et de chardons


*


travail au noir

toute la nuit à bosser
dans un monde parallèle


*


le calme revenu

longtemps la colline 
chante l’orage


*


temps lourd
une petite pause 
pour le criquet égyptien


*


début d’averse 
nous trouvons refuge
sous le jupon d’une marquise…


*


toi...

et cette lumière qui chuchote
dans les bambous


*


couché à tes côtés 

hier encore j’ignorais 
ton nom


*


bien sages

dans le grand vent 
les aphyllanthes de Montpellier


*


midi
notre rendez-vous 
dans une prairie de fleurs tendres


*


fleurs de mai

une chanson de Trenet
dans la tête


*


grand vent 
quelques fleurs s’en vont
butiner les papillons


*


bretelle d’autoroute 

l’épaule dénudée
de la colline


*


matin de mai

un brin de fraîcheur
cueilli avec les marguerites


*


le tour de la colline
dans les pas
du vent


*


jamais seul
sur le chemin
des rossignols


*


tombent
sur le millepertuis
mon regard et les premières gouttes


*


nuit tombée
mon ombre enfin
retourne dans sa famille



Christian Cosberg



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