VILLE HAUTE - CHRISTIAN COSBERG


Pascal Campion





ratée
l'étreinte
de 18h24...

 

*

 

chez elle
je ne sais plus trop
où j'habite

 

*

 

heureux de me voir
le petit chemin 
perdu

 

*

 

une halte
au cœur de l’été
le jardin sous la pluie

 

*

 

perdu
entre deux cathédrales 

 

*

 

chaque nuit
les cris de la hulotte 
se rapprochent

 

*

 

une halte
au cœur de l’été
le jardin sous la pluie

 

*

 

vent doux
un avion mouline
le ciel de Wambrechies

 

*

 

Lille
et ses petites plages
de bonheur

 

*

 

un haïku 
d’ombre et de lumière 
ce Chemin du bois de la lune

 

*

 

Ce n'est pas grave s'il n'y a rien, l'univers est bien sorti de ce rien, alors...

Alors, si l'après est comme l'avant, il est le possible et l'impossible, ce Grand Tout, ce Grand Manie Tout...Comme je croyais l’entendre dans la bouche des indiens des westerns de mon enfance...

 

*

 

étoiles filantes

ah la course des bisons

dans le grand large des prairies...

 

*

 

toujours
au petit matin
cette joie sans objet

 

*

 

d’août
le sang des mûres
et la chair des figues

 

*

 

piano piano
ma main s’égare
sur ton do nu

 

*

 

rien de précis
juste le sentiment
d’une douce illusion

 

*

 

pile-poil
à l’heure
l’ami chauve...

 

*

 

chemise à fleurs
la petite abeille n’y
résiste pas...

 

*

 

gemme
les yeux vert-émeraude
de la serveuse...

 

*

 

temps lourd
les vignes attendent
la vendange

 

*

 

dernier slow
août et septembre
collés serrés

 

*

 

septembre demain
sur le piano la poussière
de quelques rêves

 

*

 

toute une nuit à fanfaronner
au-dessus de la ville
l’orage

 

*

 

Je dis à la petite abeille qui s’acharne à vouloir traverser la vitre que l’essentiel est invisible pour les yeux...puis je l’aide à retrouver son chemin.

 

*

 

toutes ces portes
dont je n’ai pas les clés...
matin de septembre

 

*

 

plus un rire
au bas de l’immeuble
la vie à marée basse

 

*

 

mange moi mange moi
me crie la petite figue
matin de septembre

 

*

 

rentrée
de vieux souvenirs
au goût de craie

 

*

 

vent frais
l’air d’une sonate
d’automne

 

*

 

nos émois
piégés dans la buée
d'une vitre

 

*

 

table vide
un reste de café
léché par le vent

 

*

 

catadioptre
le mot même
fait réfléchir

 

*

 

Des oiseaux, un chien qui aboie, le sifflement aigu d’un engin de chantier, des objets que l’on traîne sur le sol, un enfant qui dit maman, le bruissement des feuilles dans le vent, et de menus bruits de toutes sortes qui jaillissent et aussi promptement disparaissent, et puis de loin en loin, le calme, le calme qui revient...

 

*

 

la place
cette chambre d’écho
du temps qui passe

 

*

 

sous mes pieds
tous ces rêves brisés
coquilles d’escargots

 

*

 

ville haute
la colline ensemencée
d’étoiles

 

*

 

un chat sur les genoux
comme c’est bon quand
la vie ronronne…

 

*

 

longue vitrine
à nouveau ce vieux
qui marche à mes côtés

 

*

 

jours de pluie
réfugié dans une île
de six cent pages

 

 

 

 

Christian Cosberg





































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